L'adjectif qualificatif dans Sud / Nord de Thanh-Vân Tôn-Thât

Eric Jacobée

Abstract


Le poète Eugène Guillevic considérait l’adjectif qualificatif comme « le gras du poulet » en poésie. L’adjectif qualificatif en dirait trop, il ne laisserait pas assez imaginer. Beaucoup de poètes d’aujourd’hui utilisent l’adjectif qualificatif. Sont-ils pour autant de mauvais poètes ? Était-ce Guillevic qui avait raison ? L’adjectif qualificatif est-il un mot moins fort en poésie que le nom, par exemple, comme le suggère Yves Bonnefoy ? Est-il nuisible au poème ? Voici des questions qui, pour qui s’intéresse au langage poétique, peuvent paraître importantes. Dans son recueil de poèmes Sud Nord, composé de poèmes glanés au cours de différents voyages, Thanh-Vân Tôn-Thât ne rechigne pas à utiliser des adjectifs qualificatifs. Chaque poème apparaît souvent comme un tableau fugitif volé à l’instant, écrit dans un style très concentré tout à fait caractéristique de sa poésie – j’allais dire très attique – que l’on trouvait déjà dans Le Pays d’Avant ou New-York. Ne cherchant à rendre compte de tous les adjectifs, cet article a surtout pour objectif de se pencher sur l’étude des adjectifs de couleur dans ce recueil. On pourrait distinguer les adjectifs désignant des couleurs pures des adjectifs introduisant dans la toile du poème des nuances colorées, avant d’évoquer les couleurs métaphorisées du poème et la place de l’adjectif.


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